
01 · matières · 1 avril 2026
Mélanger les styles — wabi-sabi, japandi, baroque
Le métissage culturel n'est pas un effet de mode, c'est une discipline. Mes voyages m'ont appris à associer des registres apparemment incompatibles. Notes sur le wabi-sabi, le japandi, le baroque, et ce qui se passe à leur rencontre.
J'ai voyagé sur plusieurs continents. À chaque retour, je rapporte quelque chose — pas un objet, mais une manière de voir. Le wabi-sabi japonais m'a appris l'imperfection juste. Le japandi m'a appris la rigueur du dépouillement. Le baroque européen m'a appris que la richesse peut être noble. Et c'est leur mélange qui m'intéresse.
Le wabi-sabi — l'élégance du non-fini
Le wabi-sabi, c'est accepter qu'un mur ne soit pas parfaitement lisse, qu'un bois garde sa nervure, qu'un métal se patine. Ce n'est pas de la négligence — c'est une discipline du regard. Cela suppose un savoir-faire artisanal qui sait s'arrêter au bon moment, ni trop tôt ni trop tard.
Le japandi — la rigueur partagée
Le japandi est la rencontre la plus naturelle entre l'Asie et la Scandinavie : deux cultures qui partagent un goût pour la matière brute, la fonction simple, la lumière douce. C'est un style qui ne crie jamais, qui s'efface pour laisser parler les volumes et les textures.
Le baroque — la richesse comme intention
Le baroque mal compris devient du kitsch. Le baroque bien intégré devient un contrepoint puissant. Un détail baroque — une moulure, un velours, une dorure choisie — peut donner sa profondeur à un volume contemporain. À condition de l'employer avec exigence, jamais par décoration.
Le mélange — l'écriture d'un univers
Aucun de ces styles ne suffit seul à raconter un projet. C'est dans leur mélange que mon écriture se loge. Une pièce de mobilier baroque adoucie par un mur wabi-sabi, une lumière japandi qui révèle la patine d'une boiserie classique. Chaque projet est une nouvelle composition — jamais un copier-coller de tendance.